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Érosion côtière : ce que révèle la nouvelle carte 2026 sur les plages françaises

Par Camille
Équipe éditoriale
Mis à jour le 23 septembre 2026
La nouvelle cartographie 2026 du Cerema montre que 28 % des profils de plage étudiés reculent. Découvrez ce que révèlent les données.
Le littoral français ne reste pas immobile. Certaines plages reculent, d’autres gagnent du terrain et beaucoup alternent entre plusieurs tendances au fil des décennies.
Une importante mise à jour de l’Indicateur national de l’érosion côtière publiée par le Cerema le 26 août 2026 permet désormais d’observer ces évolutions beaucoup plus finement.
Parmi les résultats qui concernent directement les plages, 28 % des profils étudiés sur une longue période sont en recul, tandis que 19 % sont en avancée. Plus surprenant encore : près d’un profil de plage sur deux change au moins une fois de tendance au cours des périodes analysées.
La nouvelle cartographie ne permet donc pas seulement de repérer les secteurs en érosion. Elle montre surtout à quel point le trait de côte est mobile et combien son évolution peut varier dans le temps.
À retenir sur l’érosion côtière
- 19,8 % des profils comparables du littoral sont en recul sur la période longue.
- Les plages sont plus mobiles : 28 % des profils reculent et 19 % avancent.
- 49 % des profils de plage changent au moins une fois de tendance.
- L’indicateur décrit des évolutions passées et ne constitue pas une prévision.
- Une étude locale reste nécessaire pour comprendre une plage précise.
Vérifiez les horaires de marée de votre lieu
L’évolution du trait de côte se mesure sur plusieurs décennies. Les horaires de marée décrivent uniquement les variations prévues du niveau de la mer au fil de la journée.

Les chiffres à retenir de la nouvelle carte 2026
La nouvelle version de l’indicateur couvre le littoral de l’Hexagone, de la Corse et des départements et régions d’outre-mer.
Environ 126 000 profils de calcul, espacés de 50 mètres, sont désormais répartis le long du littoral.
Pour 89 565 profils disposant de données permettant une comparaison sur une longue période, le Cerema observe :
| Évolution du trait de côte | Part des profils |
|---|---|
| Recul | 19,8 % |
| Avancée | 12,2 % |
| Évolution non perceptible | 68 % |
Une évolution est ici considérée comme non perceptible lorsqu’elle reste comprise entre -0,1 et +0,1 mètre par an.
Les plages présentent des dynamiques plus marquées que l’ensemble du littoral : 28 % des profils de plage sont en recul et 19 % sont en avancée.
Dynamique des profils de plage
Répartition nationale sur la période longue étudiée.
- Recul28 %
- Avancée19 %
- Autres situations53 %
La catégorie « Autres situations » correspond à la part restante après le recul et l’avancée.
| Dynamique des profils de plage | Part |
|---|---|
| Recul | 28 % |
| Avancée | 19 % |
| Autres situations | 53 % |
Ces résultats décrivent une évolution observée sur une longue période. Ils ne signifient pas que 28 % de toutes les plages françaises disparaissent actuellement.
Source : mise à jour 2026 de l’Indicateur national de l’érosion côtière publiée par le Cerema.
Qu’appelle-t-on le trait de côte ?
Le trait de côte permet de suivre la limite entre la terre et la mer, mais il ne correspond pas simplement à la position de l’eau visible sur une plage à un instant donné.
Cette distinction est importante : la mer monte et descend chaque jour avec la marée, alors que l’étude du trait de côte cherche à mesurer une évolution beaucoup plus durable.
Pour construire l’indicateur national, le Cerema utilise des marqueurs visibles sur le terrain et sur les photographies aériennes.
Selon le type de littoral, il peut notamment s’agir :
- de la limite de végétation ;
- du haut d’une falaise ;
- du pied d’une dune ;
- du front d’une mangrove ;
- de la limite supérieure du jet de rive sur certains littoraux à faible marée ;
- d’autres marqueurs morphologiques lorsque les précédents ne sont pas adaptés.
Le choix du marqueur dépend donc de la configuration du littoral étudié. La méthodologie de l’indicateur national détaille ces repères et les limites d’interprétation.
Pourquoi les plages sont-elles particulièrement mobiles ?
Une plage est un espace constitué de matériaux qui peuvent être déplacés : sable, galets ou autres sédiments.
Son profil évolue sous l’action combinée de nombreux phénomènes.
Parmi les facteurs naturels figurent notamment :
- la houle ;
- les courants ;
- la marée ;
- le vent ;
- les tempêtes ;
- les précipitations ;
- la topographie et la bathymétrie ;
- la nature géologique du secteur ;
- les apports et déplacements de sédiments.
Les activités humaines peuvent également modifier cette dynamique, notamment lorsque des ouvrages, des aménagements côtiers ou des transformations des cours d’eau perturbent le transport naturel des sédiments.
Il faut cependant rester prudent : l’Indicateur national de l’érosion côtière mesure avant tout l’évolution observée du trait de côte. Il n’a pas vocation, à lui seul, à identifier les causes précises de l’érosion sur chaque plage.
Une étude locale reste nécessaire pour comprendre pourquoi un secteur particulier recule ou avance.
Une plage peut reculer puis avancer
L’un des résultats les plus intéressants de la mise à jour 2026 concerne l’évolution dans le temps.
Avec plusieurs positions du trait de côte disponibles depuis les années 1950, le Cerema peut désormais observer si une plage conserve la même tendance ou si celle-ci évolue.
Sur les quatre périodes étudiées, 49 % des profils de plage changent au moins une fois de tendance.
Une portion de plage peut ainsi connaître une phase de recul, puis une période d’avancée, ou l’inverse.
À l’opposé :
- 17 % des profils de plage restent en érosion constante ;
- 11 % restent en accrétion constante, c’est-à-dire en avancée.
Ces chiffres montrent pourquoi il faut éviter de considérer l’évolution d’une plage comme un phénomène forcément régulier et linéaire.
À retenir : un recul observé sur quelques années ne décrit pas nécessairement toute l’histoire d’une plage. L’analyse sur plusieurs périodes permet de distinguer une tendance persistante d’une évolution plus variable.
Pourquoi la carte 2026 est-elle plus précise ?
La première version de l’indicateur national avait été diffusée en 2017. La mise à jour 2026 apporte plusieurs améliorations importantes.
Des points de mesure tous les 50 mètres
Les profils de calcul sont désormais espacés de 50 mètres, contre 200 mètres précédemment.
Ce maillage plus fin permet d’observer des différences entre des secteurs relativement proches.
Plusieurs périodes d’observation
La nouvelle méthode utilise des positions du trait de côte établies au minimum autour de :
- 1950 ;
- 2000 ;
- 2010 ;
- 2020.
Une situation autour de 1975 est également intégrée lorsque les données sont disponibles. Les photographies aériennes les plus anciennes utilisées peuvent remonter aux années 1940-1950.
Des données locales intégrées
Le Cerema a également intégré des données produites par les observatoires régionaux du trait de côte lorsqu’elles pouvaient être harmonisées avec la méthode nationale.
Cette approche permet de rapprocher davantage le référentiel national des observations réalisées localement.
Les ouvrages littoraux sont mieux recensés
En parallèle, la cartographie nationale des ouvrages et aménagements littoraux a été mise à jour.
Près de 20 000 ouvrages actuellement visibles ont été recensés : murs, digues, épis, brise-lames, infrastructures portuaires ou autres aménagements.
Cette information est importante pour comprendre certains résultats, car un trait de côte maintenu artificiellement par un ouvrage ne signifie pas nécessairement que le secteur n’est pas concerné par l’érosion.
50,1 % des secteurs de plage concernés : que signifie vraiment ce chiffre ?
C’est probablement le chiffre qui demande le plus de précaution.
La nouvelle analyse indique que 50,1 % des secteurs de plage apparaissent concernés par une problématique d’érosion côtière lorsque sont pris en compte à la fois :
- les secteurs naturels où un recul est observé ;
- les portions de plage équipées d’ouvrages destinés à lutter contre l’érosion ou à agir sur les mouvements de sédiments.
Cela ne signifie pas que la moitié des plages françaises reculent.
Le chiffre des profils de plage effectivement observés en recul sur la période longue est de 28 %.
Les 50,1 % donnent une vision plus large des secteurs confrontés à la problématique, en incluant ceux dont l’évolution est aujourd’hui influencée ou contenue par des ouvrages. Sur l’ensemble du littoral, cette proportion est de 27,6 %.
Ces résultats sont détaillés sur la page officielle de l’Indicateur national de l’érosion côtière 2026.
Érosion côtière et submersion marine : ce n’est pas la même chose
Ces deux phénomènes sont souvent associés, mais ils ne désignent pas la même chose.
L’érosion côtière correspond à une perte progressive de matériaux constituant une plage, une dune ou une falaise. Elle peut conduire au recul du trait de côte.
La submersion marine désigne une inondation temporaire de zones côtières par la mer, notamment lors de certaines combinaisons de conditions météorologiques et océaniques.
Un territoire peut être concerné par l’un de ces phénomènes, par les deux, ou selon des intensités très différentes.
Cette distinction est importante lorsque l’on consulte des informations sur les risques littoraux.
Les grandes marées provoquent-elles l’érosion des plages ?
La marée fait partie des paramètres qui interviennent dans la dynamique du littoral, mais elle n’explique pas à elle seule l’érosion d’une plage.
Les mouvements de sédiments résultent de la combinaison de nombreux facteurs : houle, courants, vent, tempêtes, disponibilité du sable, morphologie de la côte et aménagements humains.
Une grande marée peut modifier temporairement la zone sur laquelle les vagues agissent, notamment lorsqu’elle coïncide avec une forte houle ou des conditions météorologiques dégradées.
Mais constater une grande marée ne permet pas, à lui seul, de conclure qu’une plage subit une érosion durable.
Pour consulter les périodes concernées cette année, retrouvez le calendrier des grandes marées 2026.
Comment savoir si le littoral de sa commune évolue ?
Depuis juin 2026, un nouvel outil officiel permet d’accéder plus facilement aux données locales.
L’application « Le littoral de ma commune », développée par le Cerema à la demande du ministère chargé de la Transition écologique, couvre 1 029 communes littorales dans l’Hexagone, en Corse et en outre-mer.
Elle permet de consulter à l’échelle d’une commune :
- des cartes ;
- des chiffres clés ;
- des graphiques ;
- les informations disponibles sur l’évolution du trait de côte ;
- certains enjeux humains et environnementaux ;
- des informations relatives à l’adaptation du territoire.
L’outil constitue un premier niveau d’information. Les données ou études réalisées par les observatoires locaux peuvent être plus précises ou plus récentes pour certains secteurs.
L’outil est présenté sur le site du ministère : Le littoral de ma commune.
Une actualité qui accompagne une nouvelle stratégie nationale
La publication de cette nouvelle cartographie intervient quelques jours après l’adoption, en août 2026, de la nouvelle Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte jusqu’en 2030.
Cette stratégie doit notamment améliorer la connaissance du littoral, développer les cartes locales d’évolution du trait de côte et accompagner les collectivités dans l’adaptation des territoires exposés.
L’INEC 2026 et l’application « Le littoral de ma commune » font partie des outils mis à disposition pour améliorer cette connaissance.
L’objectif de ces données n’est donc pas seulement de constater que certaines côtes reculent, mais aussi de permettre aux territoires de mieux anticiper leur évolution.
La stratégie nationale jusqu’en 2030 a été publiée par le ministère chargé de la Transition écologique.
Retrouver une plage ou une commune sur Horaires des marées
L’évolution du trait de côte et les horaires de marée correspondent à deux échelles de temps très différentes.
L’indicateur d’érosion observe des transformations sur plusieurs décennies. Les horaires de marée indiquent, eux, les variations prévues du niveau de la mer au cours d’une journée.
Pour retrouver un lieu précis, vous pouvez :
- rechercher une plage ou une commune ;
- parcourir les plages de France ;
- consulter les horaires par littoral.
Ces informations ne permettent pas de mesurer l’érosion d’une plage. Elles complètent simplement les données locales en indiquant le rythme quotidien des marées pour les lieux référencés.
Conclusion
La mise à jour 2026 de l’Indicateur national de l’érosion côtière apporte une vision beaucoup plus détaillée de l’évolution du littoral français.
Sur les profils permettant une comparaison sur une longue période, 19,8 % sont en recul à l’échelle de l’ensemble du littoral. Les plages sont plus mobiles : 28 % de leurs profils reculent et 19 % avancent.
Mais le résultat le plus révélateur est peut-être ailleurs : 49 % des profils de plage changent au moins une fois de tendance au cours des périodes étudiées.
Une plage ne doit donc pas être considérée comme une ligne fixe qui avancerait ou reculerait toujours au même rythme. Son évolution dépend d’une dynamique complexe qu’il faut observer sur plusieurs décennies et, pour comprendre une situation locale, compléter avec des études adaptées au territoire.

À propos de Camille
Équipe éditoriale
Camille participe à la rédaction des contenus éditoriaux du site Horaires des marées. Ses guides aident à mieux comprendre les marées, les coefficients, les grandes marées et les bons réflexes avant une sortie sur le littoral.
Lorsque le sujet concerne la sécurité, la réglementation ou les données de marée, les contenus s’appuient sur des sources officielles ou institutionnelles. Ils restent indicatifs et ne remplacent pas les consignes locales, les prévisions météo marine ou les recommandations des autorités compétentes.

